Il a découvert que son comptable lui volait 45 millions chaque mois… 5ans après.

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Il a découvert que son comptable lui volait 45 millions chaque mois… 5ans après.
Nous avons été appelés par le dirigeant d’une PME de distribution alimentaire à Dakar. Son entreprise existe depuis 8 ans. Elle fournit des restaurants, des hôtels et quelques supermarchés en produits secs et semi-frais. Le chiffre d’affaires tourne autour de 45 millions FCFA par mois. Rien d’extraordinaire. Une PME comme beaucoup.
Le patron nous a contactés parce qu’il sentait que quelque chose ne tournait pas rond. Ses ventes augmentaient, mais sa trésorerie baissait. Il devait de l’argent aux fournisseurs. Il payait ses salaires avec quinze jours de retard. Il ne comprenait pas.
Il avait un comptable. Un homme de confiance. Diplômé. Présent depuis 5 ans. Jamais de problème apparent. Il lui donnait tous les mois un bilan, un compte de résultat, une situation de trésorerie. Les chiffres étaient toujours cohérents. Rien d’anormal. Pourtant, le patron se sentait volé. Il ne pouvait pas l’expliquer. C’était une sensation.
Nous avons accepté de faire un diagnostic. Sans prévenir le comptable. Sans le mettre au courant. Juste en analysant les documents, les relevés bancaires, les factures fournisseurs, les fiches de paie, et les exports de la comptabilité sur 12 mois.
Ce que nous avons trouvé a fait froid dans le dos.
Le comptable avait créé trois fournisseurs fictifs. Des noms qui ressemblaient à de vraies sociétés sénégalaises. SARL AMS, Sénégal Distribution Services, Groupe Tounkara Import. Ces trois entreprises n’existaient que sur le papier. Pas de numéro de téléphone. Pas d’adresse vérifiable. Pas de site internet. Mais elles avaient des factures, des dates, des montants.
Chaque mois, le comptable validait des paiements au nom de ces trois fournisseurs. Il créait les bons de commande. Il falsifiait les signatures du patron. Il utilisait un tampon que personne ne surveillait. Les montants variaient entre 600 000 et 1,2 million FCFA par fournisseur. Parfois plus. Parfois moins. Mais chaque mois, sans exception, entre 2,1 et 2,8 millions FCFA quittaient le compte de l’entreprise pour aller dans des comptes que le comptable contrôlait.
Nous avons remonté les transactions bancaires. L’argent allait dans un compte mobile money au nom d’une femme qu’il disait être sa belle-sœur. Puis circulait vers d’autres comptes. À la fin du mois, le comptable retirait une partie en espèces et déposait le reste sur un compte d’épargne personnel. Nous avons estimé qu’en 5 ans, il avait détourné autour de 135 millions FCFA. Soit environ 27 millions par an. 2,2 millions par mois en moyenne.
Le patron était assis en face de nous. Il tremblait. Il ne disait rien. Il regardait les chiffres. Nous lui avons montré un tableau. Douze mois. Chaque mois, la ligne des achats gonflée artificiellement par ces factures. Chaque mois, la marge brute qui diminuait. Chaque mois, sa trésorerie qui fondait.
Nous avons relevé d’autres irrégularités. Mais le plus grave, ce n’était pas les montants. C’était la façon dont le comptable avait organisé le système.
D’abord, il avait isolé le patron. Il lui disait que les fournisseurs exigeaient un paiement rapide. Il lui disait que les prix augmentaient. Il lui disait que la concurrence obligeait à faire des achats groupés. Le patron signait sans vérifier. Parce qu’il faisait confiance.
Ensuite, le comptable avait verrouillé l’accès aux relevés bancaires détaillés. Il fournissait au patron un résumé. Une feuille Excel avec les grands totaux. Le détail, il le gardait pour lui. Et le patron, jamais formé à la lecture des comptes, ne posait pas de questions.
Ensuite, il avait créé une routine. Les mêmes faux fournisseurs, les mêmes montants, les mêmes justificatifs. Le système tournait seul. Personne ne contrôlait rien. Parce que le patron pensait qu’un comptable, c’est fait pour être contrôlé.
Ce que le patron n’avait jamais fait. Il n’avait jamais recoupé les factures avec les livraisons. Il n’avait jamais appelé les fournisseurs pour confirmer les transactions. Il n’avait jamais exigé un relevé bancaire complet avec le détail des bénéficiaires. Il n’avait jamais séparé les tâches : celui qui enregistre les achats ne doit pas être celui qui valide les paiements. Règle de base. Inconnue chez lui.
Nous avons mis en place des garde-fous. Aujourd’hui, chaque paiement fournisseur nécessite une double validation. Un des deux signataires doit être le patron ou son adjoint. Les relevés bancaires sont envoyés chaque semaine par la banque directement sur le téléphone du patron. Les fournisseurs fictifs ont été retirés du système. Le comptable a été licencié. Une plainte a été déposée.
L’entreprise a récupéré une partie des fonds. Pas tout. Le comptable avait déjà acheté deux terrains et une voiture. Mais l’essentiel, c’est que plus jamais cela ne pourra se reproduire. Parce que les systèmes sont en place.
Voici la vérité que beaucoup refusent de voir. La plupart des vols en entreprise ne viennent pas de l’extérieur. Ils viennent de l’intérieur. De quelqu’un en qui vous avez mis votre confiance. Et le comptable, parce qu’il voit tout, parce qu’il touche à tout, est souvent le mieux placé pour vous voler sans que vous ne vous en rendiez compte.
Il ne prend pas des sommes énormes d’un coup. Il prend petit à petit. Une facture gonflée ici, un fournisseur fictif là, un salaire continué pour un employé qui a quitté l’entreprise depuis trois mois. À la fin du mois, la somme est discrète. À la fin de l’année, elle est énorme.
Ceux qui dorment tranquilles en pensant que leur comptable est intègre devraient se poser une question : qui contrôle le contrôleur ? Qui relit ce qu’il écrit ? Qui vérifie que les fournisseurs existent vraiment, que les factures correspondent à des livraisons réelles, que les paiements partent vers les bonnes personnes ?
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