Est ce qu’il y aura une saison 3 pour l’invisible chaka ?

C’est dans l’un des quartiers de la commune de Yopougon à Abidjan, que la série “Invisibles” écrite et réalisée par l’Ivoirien Alex Ogou a pris forme.
Cette série qui attirée des géants français de la diffusion retrace l’histoire d’une rivalité de bande en Côte d’Ivoire qui luttent pour survivre.
Produite par le studio ivoirien TSK, la série tournée principalement dans les rues de cette commune a neccessité près d’un million de dollars américains.
“Notre approche est de mettre l’accent sur la qualité dans chaque production à laquelle nous participons. Je salue l’approche de M. Karamoko et de TSK en matière de production, car si l’on veut rendre cette industrie professionnelle et compétitive, il faut que quelqu’un prenne des initiatives, et pour cela, il faut un financement…”

La série s’appelle Invisibles mais il n’y a pas que les « microbes » qui le sont. Ces « invisibles », ce sont en réalité toutes les personnes que la société ivoirienne ne veut pas regarder. Il s’agit d’une frange de la population qui ne correspond pas au visage qu’on veut montrer d’un pays émergent. C’est au milieu de tous ces déclassés que germent des phénomènes comme celui des « microbes »
Mon propos montre l’éclatement social, qui entraîne une précarité extrême, souvent suivie d’une démission parentale. Les enfants se retrouvent alors dans des situations dramatiques. En Afrique, les maladies psychologiques ne sont pas prises en compte et jamais traitées. Ce n’est pas dans la culture. S’il y avait plus de psychologues et de psychiatres, on pourrait peut-être éviter que ces phénomènes apparaissent.
En fait, la population n’a pas d’exutoire. C’est pour montrer qu’elle existe qu’elle sombre dans l’ultraviolence. Ce qui m’a intéressé en réalisant cette série, c’est le mécanisme social qui permet d’arriver à cela. Ce n’est pas la question policière.

Quand tout se conjugue en parfaite synergie, quand différents acteurs se réunissent, ils peuvent réussir à bien des égards. Nous faisons confiance aux jeunes Ivoiriens. Tant au niveau de la production qu’au niveau de l’exécution. Même quand il s’agit de casting, vous pouvez voir à quel point chaque rôle a été parfaitement moulé, chaque personnage a été parfaitement moulé, je leur tire mon chapeau à tous.”
La production retrace en 10 épisodes de 52 minutes, le parcours de Chaka et de sa grande sœur Hadjara. Ces enfants quittent leurs parents endettés et l’un d’eux se laisse entrainer par son ami dans une bande ou vandalisme et violence sont les maitres mots.
Cette histoire dramatique plonge le télespectateurs dans un thriller et touche un fléau social né de la désorientation de la jeunesse et qui sévit dans plusieurs pays africains.
“C’est en Côte d’Ivoire que nous travaillons, mais ce que nous voulons aussi faire ici, c’est pouvoir produire nos propres histoires et les diffuser dans le monde entier.”
Le réalisateur s’attend à un succès continental qui fera croître l’industrie du 7e art en Côte d’Ivoire. La série a déjà reçu le prix de la meilleure fiction francophone étrangère au festival de la Rochelle.
